L'environnement des affaires en Côte d'Ivoire

Lors du séminaire Afrique & Liberté, organisé par Audace Institut Afrique et UnMondeLibre.org, une journée a été consacrée à l’environnement des affaires et à l’entreprise privée. Lorenzo Bertolini de la Banque Mondiale est venu présenté le nouveau rapport 2010 et a analysé la place de la Côte d’Ivoire en soulignant ses faiblesses et en dégageant de nouvelles voies à emprunter pour créer une dynamique favorable à l’investissement privé, centre du développement.


Le rapport Doing Business


Depuis 2003, le rapport Doing Business (DB), réalisé par la Banque Mondiale, étudie, dans 183 économies, 10 indicateurs relatifs aux réglementations affectant le cycle de vie d’une PME locale. Les enquêtes annuelles sont réalisées à travers un réseau de 8000 correspondants et experts de la Banque Mondiale. Les 10 points analysés sont : La création d’entreprises ; l’octroi de permis de construire ; l’embauche des travailleurs ; le transfert de propriété ; l’accès au crédit ; la protection des investisseurs ; la pression fiscale ; les échanges commerciaux transfrontaliers, l’exécution des contrats et la fermeture d’entreprise.

L’influence d’un bon cadre des affaires

L’analyse de ces indicateurs est importante car un bon environnement des affaires n’est pas neutre sur la dynamique économique. Il est même un moteur central du développement. Lorenzo Bertolini souligne que faciliter la création d’entreprise peut entraîner une augmentation de la croissance économique et du taux d’investissement. Selon une analyse des réformes sur 6 ans, on constate que la réduction de 10 jours du temps nécessaire à la création d’une entreprise se solde par un taux de croissance de 0,4% et taux d’investissement de 0,27%. Egalement, la réduction des barrières à la création d’entreprises peut susciter une réduction du secteur informel. L’exemple du Sénégal est éloquent puisqu’en réduisant la durée de création d’entreprise à 48 heures, on a enregistré plus de 10 000 nouvelles entreprises dans le pays. En conséquence, éliminer les barrières à la création d’entreprises peut offrir des opportunités d’insertion aux jeunes et aux femmes puisqu’un pourcentage significatif de sociétés est créé par les jeunes et les femmes. Améliorer le régime des sûretés et les systèmes d’information sur le crédit permettraient aux banques d’octroyer plus de crédits, de même, la réduction des délais ou le nombre de formulaires à remplir dans le cadre des opérations d’import/export peut accroître les flux commerciaux.

Quelles perspectives pour la Côte d’Ivoire?


La Côte d’Ivoire est classée à la 168ème place ( sur 189). Notons que seuls trois pays d’Afrique subsaharienne entrent en tête du classement : L’ile Maurice à la 17ème place, le Boswana à la 45ème et la Namibie en 66ème.
Lorenzo Bertolini souligne que le cadre macroéconomique de la Côte d’Ivoire est stable à fort potentiel mais souffre de la faiblesse du taux d’investissement. L'instabilité politique des dernières années explique, en partie, cette faiblesse. La stabilité politique et l’accès aux finances sont pourtant perçus, par les opérateurs économiques, comme les principales contraintes à la performance et à l’investissement des entreprises.
Les difficultés relatives d’accès aux finances sont aggravées par un mauvais cadre des affaires, en particulier pour les PME.
Sur les dix indicateurs DB, la Côte d’ivoire reste en bas des classements, sauf en ce qui concerne le taux de fermeture d’entreprises.

Lorenzo Bertolini reste cependant optimiste pour le pays car son poids dans la sous-région, malgré l’instabilité politique de la dernière décennie, reste important et la Côte d'Ivoire demeure un moteur. Il dresse une liste de réformes nécessaires à la dynamisation de l’investissement privé dans le pays. Il propose de : définir un plan d’actions de réformes ; identifier les réformes prioritaires ; mettre en place une plate-forme de concertation permanente entre le secteur privé et le secteur public ; s’assurer d’un engagement fort du gouvernement et du secteur privé ; concevoir, valider et mettre en œuvre les réformes ; mettre en place un comité de suivi des réformes ; valider la bonne exécution des réformes ; évaluer périodiquement leur impact.

Pour plus d’informations : www.doingbusiness.org


Alors que les pays d’Afrique s’évertuent à rechercher des plans d’aide financière de toutes parts, les dirigeants oublient trop souvent que la véritable richesse de leurs pays réside dans leur population. La richesse première est l’homme. La mission des Etats devrait donc être de créer et de protéger un cadre institutionnel favorable aux affaires. Ces réformes ne nécessitent pourtant qu’une volonté politique.

 

A propos du rapport DOING BUSINESS : Lorenzo Bertonlini, Banque Mondiale


Le climat des affaires en Côte d'Ivoire par Emmanuel Noubissié, Banque Mondiale

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